Rue d’Algérie est un projet photographique participatif créé à Lyon en mai 2020 par Jim la Souille.
Chaque participant est photographié selon un même protocole : un portrait en noir et blanc et une photographie des mains formant le chiffre 69.
Ouvert à toutes et tous et sans casting.
Le projet Rue d’Algérie débute en mai 2020, au moment de la sortie du premier confinement lié à la pandémie de Covid-19.
Après plusieurs semaines marquées par l’isolement, la fermeture des lieux culturels et la limitation des relations humaines, j’ai ressenti le besoin de retrouver les autres.
J’ai alors commencé à proposer des portraits rue d’Algérie, dans le 1er arrondissement de Lyon.
L’idée n’était pas de rechercher des modèles, ni de construire une série à partir de personnes sélectionnées à l’avance.
Le projet s’est au contraire construit dans la rencontre.
Chaque personne volontaire peut participer.
Deux images sont alors réalisées : un portrait en noir et blanc et une seconde photographie où la personne formait avec ses mains le chiffre 69.
Ce protocole simple permet de créer une unité visuelle entre des personnes très différentes tout en inscrivant clairement le projet dans son territoire.
En 2021, les prises de vue ont été déplacées vers les pentes de la Croix-Rousse. La rue d’Algérie étant très passante, notamment le week-end, il devenait plus difficile d’y organiser les séances photographiques.
Le nom Rue d’Algérie a toutefois été conservé.
Il désigne aujourd’hui moins un lieu précis qu’un point de départ : celui d’un projet né dans la rue, au sortir d’une période de séparation collective, et qui s’est construit au fil des rencontres.
À l’origine, Rue d’Algérie est un projet de portraits et un moyen de rencontre.
Mais après six années et près de 900 participants, l’accumulation des images a progressivement transformé sa nature.
Chaque portrait est bien sûr l’image d’une personne, à un instant donné.
Mais lorsque ces images sont regardées ensemble, elles forment autre chose : une représentation collective, imparfaite, vivante et non programmée du territoire lyonnais.
Le projet cherche ainsi à faire apparaître la ville à travers ses habitants.
Il ne s’agit pas de produire une représentation institutionnelle de Lyon, ni une galerie de personnalités reconnues.
Il s’agit au contraire de donner une place égale aux personnes ordinaires, aux anonymes, aux jeunes, aux plus âgés, aux artistes, aux travailleurs, aux habitants de longue date comme à celles et ceux dont le lien avec Lyon est plus récent.
Le projet s’intéresse à ce que raconte une population lorsqu’on la photographie sans chercher à la définir à l’avance.
L’un des principes les plus importants de Rue d’Algérie est l’absence de casting.
Je ne choisis pas les personnes en fonction de leur apparence, de leur origine, de leur âge ou de leur parcours.
Toute personne volontaire peut être photographiée.
Ce principe est essentiel car il déplace la question de la diversité.
La diversité ne résulte pas ici d’une sélection pensée pour représenter différents profils.
Elle naît au contraire de l’ouverture du dispositif.
Le photographe fixe le cadre, mais il ne décide pas quels visages ont le droit de représenter Lyon. Chaque participant occupe la même place dans le projet.
Même traitement noir et blanc, même attention portée au portrait, même importance dans le corpus.
La diversité produite par le projet est donc une diversité rencontrée, et non fabriquée.

